13 Mai ITW 🎤 3 questions à Quentin Hadjab
Le collectif célèbre son 9e anniversaire à Toulouse avec 3 concerts inédits. Avant le rendez-vous du 22 mai au Taquin, Quentin Hadjab nous en dit plus sur cette soirée hommage à Robert Glasper à travers trois questions.
Who the f*ck is Robert Glasper ?
23 Rue des Amidonniers 31000 Toulouse
Pour l’anniversaire de Troisième Face au Taquin, tu as proposé un hommage à Robert Glasper. Pour quelles raisons et comment as-tu réuni l’équipe ? Comment avez-vous composé le répertoire ?
Sa mère Ă©tait chanteuse de jazz et de blues la semaine, et de gospel Ă l’église le week-end. Il a jouĂ© avec des piliers du jazz comme Kenny Garrett, Roy Hargrove, Christian McBride, etc… et en mĂŞme temps, il frĂ©quentait des musicien.nes de hip-hop ou de soul comme Erykah Badu, Common, J Dilla, Mos Def, etc… Robert Glasper, c’est un pianiste qui a inspirĂ© Ă©normĂ©ment de monde autour de sa façon de jouer et de composer. Je pense qu’une grande partie des gens qui font de la nu soul ont Ă©coutĂ© cet artiste (et si ce n’est pas le cas, allez-y). Pour ma part, il est ma plus grande inspiration musicale. On en a parlĂ© en CA et Alba Ă©tait intĂ©ressĂ©e par le projet, on a donc dĂ©cidĂ© de monter une Ă©quipe en prenant en compte la non-participation sur les derniers Ă©vènements et l’affinitĂ© avec le style. Pour le coup, je n’avais jamais jouĂ© ni avec Matthieu (Danesin, batterie), ni avec Caroline (Itier, basse / contrebasse) qui a Ă©tĂ© ma professeur d’atelier pendant une partie de mes Ă©tudes au conservatoire. On a proposĂ© Ă©galement Ă William (Guyard), qui joue du saxophone tĂ©nor et de la guitare. Comme on retrouve souvent du saxophone et de la guitare dans les compositions de Robert Glasper, on s’est dit qu’il avait le profil parfait pour ce poste.
Pour la composition du set, on s’est appelé avec Alba et on a chacun.e monté une liste que l’on a épurée au fur et à mesure. C’était marrant de voir nos préférences, quasiment tous les titres d’Alba provenaient des albums « Black Radio » 2 et 3, alors que les miens venaient des albums jazz, du premier « Black Radio » ou du Robert Glasper Experiment. A la fin, ça donne une setlist qui couvre pratiquement toute la carrière phonographique de Robert Glasper.
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Dans cette création, tu es le claviériste. Quelle est ta place ? As-tu contribué aux arrangements ? Comment avez-vous travaillé ? Quel est ton parcours de pianiste : études, groupes ?
Ma place est auprès de ma famille, de mes amis, des personnes qui m’ont… Ah non, ce n’est pas ça le sens de la question ? Ah, ma place dans la crĂ©ation ? Au piano. Tu veux plus de dĂ©tails ? Ohhhhh, je comprends mieux. DĂ©solĂ©, je suis trop premier degrĂ©. Dans ce projet, comme c’est un rĂ©pertoire qui me tient Ă cĹ“ur, j’ai Ă©crit quelques arrangements, mais pas Ă©normĂ©ment parce que la musique se suffit dĂ©jĂ Ă elle-mĂŞme. Tout le monde a relevĂ© sa partie, puis nous nous sommes aidĂ©.e.s en ajoutant sur un drive en commun les relevĂ©s des morceaux. On se rencontre, on apprend Ă se connaĂ®tre puis on joue.Â
J’aurais pu Ă©ventuellement vous donner la recette du couscous de ma grand-mère, mais la production prĂ©fère que je parle de mon parcours. J’ai dĂ©couvert le jazz au collège Ă Marciac, puis j’ai continuĂ© au conservatoire Ă Tarbes pendant le lycĂ©e. Après le bac, j’ai atterri en musicologie jazz au Mirail et au conservatoire de Montauban et fini mon cursus musical au conservatoire de Toulouse. J’aime beaucoup arranger des morceaux, Ă©couter du jazz ou tout ce qui gravite autour, regarder One Piece, faire du basket ou manger le porc caramel du An-Nam (Tarbes). C’est hors-sujet ? C’est vrai que ça ressemble plus Ă une description Tinder. Je m’égare, pardon. Sinon, je joue dans un groupe qui s’appelle GALIM ATIAS (avec William), on fait du hip-hop jazz en espagnol, on va bientĂ´t sortir quelque chose mais ce n’est pas encore annoncĂ©, donc je dois une fois de plus taire l’information.Â
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Tu es membre du conseil d’administration de Troisième face et tu t’investis pour que vive et se développe le collectif. En outre, cette création se joue au Taquin, partenaire historique du collectif. Peux-tu expliquer ton engagement ? Que représentent pour toi Troisième Face et Le Taquin ?
Quand on m’avait prĂ©sentĂ© Troisième Face pour la première fois, on m’avait dit qu’il fallait y aller pour faire des rencontres. J’ai beaucoup de mal Ă aller en jam, c’était donc l’occasion de connaĂ®tre des personnes qui sortaient de mon cadre musical. Le principe de faire des one shots, c’est-Ă -dire monter un rĂ©pertoire pour une date unique avec, pour la plupart du temps pour moi, des gens avec qui tu n’as jamais jouĂ©, reprĂ©sente certes un travail assez consĂ©quent, mais qui valorise les rencontres et la crĂ©ation musicale. Des connexions se crĂ©ent dans le paysage artistique de Toulouse, et c’est important car c’est ce genre d’initiative qui crĂ©e du mouvement. Et le mouvement, c’est ce qui fait vivre, Ă l’inverse de l’inertie et de l’entre-soi.
J’ai choisi d’intégrer le CA afin d’aider les personnes qui étaient à l’origine de tout ça. Il y a un petit groupe de personnes qui prenaient beaucoup de responsabilités, et ça les fatiguait au vu du travail titanesque que ça demandait. On a donc décidé pendant l’AG dernière qu’on allait apporter notre soutien aux parties plus administratives ou coordinatrices de l’association. Et j’espère que d’autres personnes viendront également soutenir la structure avec nous.
Le Taquin, c’est pour moi le club de Toulouse dans lequel tu dois jouer quand ton projet est affilié de près ou de loin au jazz. Donc c’est toujours cool de pouvoir y jouer, et encore plus cool qu’ils nous laissent y organiser l’anniversaire. Je pense qu’en tant que collectif, avoir des lieux comme le Taquin ou l’Astronef qui nous soutiennent régulièrement, c’est nécessaire et bienvenu. Donc je pense pouvoir me permettre de remercier au nom de Troisième Face les équipes du Taquin de leur confiance et leur soutien.
Propos recueillis par Marie-Françoise GOVIN
Crédits photo @remysirieix